Réforme des études de santé : l'Académie nationale de médecine demande un report à 2028
Après les doyens de médecine début avril, c'est au tour de l'Académie nationale de médecine de prendre position. Dans un communiqué publié ce 14 avril 2026, l'institution se prononce en faveur d'une voie unique d'accès aux études de santé, mais demande explicitement un report de la réforme à la rentrée 2028.
C'est un signal fort. Et il s'ajoute à une série d'alertes convergentes que nous suivons depuis plusieurs mois.
Ce que dit le communiqué de l'Académie de médecine
L'Académie nationale de médecine reconnaît que le système PASS/LAS est, dans ses termes, « excessivement complexe » et « incompris des lycéens, de leurs parents et de la société dans son ensemble ». Elle soutient donc le principe d'une voie unique.
Mais elle pointe un risque : celui de reproduire les erreurs de 2020. La réforme PASS/LAS avait été déployée dans la précipitation, sans consensus entre les universités, avec un modèle imposé à marche forcée. L'Académie estime que le projet actuel, tel qu'envisagé pour septembre 2027, présente les mêmes fragilités.
Elle appuie sa position sur un déséquilibre structurel : le nombre d'étudiants en médecine a augmenté de 18,5 % entre 2019 et 2022, alors que le nombre d'enseignants a diminué sur la même période. Réformer l'accès sans renforcer les moyens humains revient, selon elle, à aggraver le problème.
Oui à un accès par voie unique à l'entrée en études de médecine.
Non à une mise en œuvre à la rentrée 2027 : jugée prématurée et potentiellement délétère.
Report recommandé à septembre 2028, pour une préparation adaptée et sécurisée.
Lire le communiqué officiel : « Pour une révision réfléchie et soutenable des modalités d'entrée dans les études de médecine » : Académie nationale de médecine, 14 avril 2026 (PDF)
Une position qui rejoint celle des doyens
Ce communiqué intervient douze jours après celui de la Conférence des doyens de médecine, qui alertait déjà sur le caractère « non applicable » du calendrier 2027.
Les arguments se recoupent : manque de moyens, risque de désorganisation pédagogique, absence de cadre réglementaire finalisé. Mais la prise de position de l'Académie de médecine porte un poids institutionnel supplémentaire. Quand une institution bicentenaire dit au gouvernement « prenons garde à ne pas aggraver la situation », c'est que le calendrier est sérieusement remis en question.
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Décembre 2024
La Cour des comptes publie un rapport recommandant une voie unique d'accès aux études de santé.
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Octobre 2025
Le gouvernement lance une concertation nationale, avec une mise en œuvre visée « au plus tard à la rentrée 2027 ».
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2 avril 2026
Les doyens de médecine jugent ce calendrier irréaliste et demandent un report.
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14 avril 2026
L'Académie nationale de médecine recommande un report à 2028.
Le scénario d'un report à la rentrée 2028 devient désormais l'hypothèse la plus probable.
Ce que cela change pour la rentrée 2026
La réponse courte : rien.
Le système PASS / LAS / LSPS reste intégralement en vigueur pour la rentrée 2026. Les choix Parcoursup, les modalités d'examen, les voies d'accès aux filières MMOPK : tout cela est maintenu.
L'exception reste l'UVSQ, qui a déjà basculé vers un modèle de voie unique (la LSPS, baptisée « One LAS »), et qui fait office de terrain d'expérimentation pour la réforme nationale. Pour les cinq autres universités d'Île-de-France : Paris Cité, Paris-Saclay, Sorbonne Université, UPEC et Sorbonne Paris Nord : le cadre actuel s'applique sans modification.
Ce que cela change pour les élèves de première
Si vous êtes actuellement en première, vous ferez votre rentrée dans le supérieur en septembre 2027. Avec un report à 2028, vous entreriez donc encore sous le régime actuel : PASS, LAS ou LSPS selon votre université.
Ce n'est pas encore acté. Mais c'est la direction que prennent les choses.
Dans tous les cas, le message de fond ne change pas : la sélection est maintenue, le niveau scientifique exigé reste élevé, et les matières fondamentales (biologie, chimie, physique, anatomie) constituent toujours le socle de la première année. Aucune réforme des programmes du lycée n'est annoncée. Les spécialités scientifiques (mathématiques, physique-chimie, SVT) restent les plus adaptées pour préparer une orientation en santé.
Notre lecture de la situation
On vous le dit depuis le début de cette série d'articles : le système va changer, mais les fondamentaux ne bougent pas.
Le nom du parcours sur Parcoursup changera. L'architecture de la première année sera probablement simplifiée. La sélection, elle, restera. Le volume de travail aussi. Et la différence entre ceux qui passent en deuxième année et les autres continuera de se jouer sur les mêmes critères : la qualité de la préparation, la méthode de travail et la régularité.
Au CPCM, nous accompagnons les étudiants sur les six universités d'Île-de-France : y compris l'UVSQ et son nouveau format LSPS. Quand le système évolue, nos préparations s'adaptent. Nous l'avons fait en 2020 lors du passage de la PACES au PASS/LAS. Nous le ferons à nouveau quand la voie unique sera mise en place.
En attendant, nous continuons de suivre cette réforme au plus près. Cet article sera mis à jour en fonction des prochaines annonces.
Académie nationale de médecine, « Pour une révision réfléchie et soutenable des modalités d'entrée dans les études de médecine », communiqué du 14 avril 2026 : academie-medecine.fr