Réforme des études de santé 2027 : les doyens de médecine tirent la sonnette d'alarme
Mis à jour le 7 avril 2026 : Alors que les concertations sur la réforme de l'accès aux études de santé se poursuivent depuis octobre 2025, la Conférence des doyens de médecine vient de publier un communiqué qui fait du bruit. Leur message : le calendrier prévu pour la rentrée 2027 leur semble intenable. On fait le point sur ce que cela change : et ce que cela ne change pas : pour vous.
Sommaire
Ce qu'il s'est passé début avril 2026
Le 2 avril 2026, la Conférence des doyennes et doyens des facultés de médecine (CDD) a adressé un communiqué aux rédactions nationales. Les doyens y alertent sur ce qu'ils qualifient de « réforme dans la réforme », qu'ils jugent « non applicable pour 2027, non soutenable financièrement et à haut risque de désorganisation pédagogique ».
Ce n'est pas une surprise totale : dès le 25 mars, un courrier avait été envoyé aux ministères et aux inspections pour signaler les risques d'une mise en œuvre précipitée. Mais le communiqué du 2 avril marque une prise de position publique, largement relayée par la presse spécialisée (L'Étudiant, 3 avril 2026 · What's Up Doc, 2 avril 2026).
Ce que proposent les doyens
Si les doyens critiquent le rythme imposé, ils ne s'opposent pas au principe d'une réforme. Ils portent depuis plusieurs mois une vision précise de ce que devrait être la première année de santé réformée.
Une voie unique d'accès aux études de santé
La proposition centrale est la fusion des actuels PASS et LAS en une voie unique, portée par les facultés de médecine ou de santé. Les doyens insistent : il ne s'agit pas d'un retour à l'ancienne PACES. L'objectif est de préserver les acquis de la réforme de 2020, notamment le principe de marche en avant et la diversification des profils étudiants.
Un contenu pédagogique recentré sur la santé
Les enseignements seraient majoritairement en lien avec la santé, complétés par une part d'enseignements hors santé. Cette composante non-santé, jugée aujourd'hui insuffisante en PASS, permettrait la diversification des profils et la réorientation des étudiants en cas d'échec.
Une sélection fondée sur un socle commun
L'admission en filières MMOP (Médecine, Maïeutique, Odontologie, Pharmacie) serait basée sur l'acquisition d'un socle commun de connaissances solides en santé. Les doyens proposent également d'augmenter le pourcentage d'étudiants accédant aux filières santé dès l'issue de cette première année, en régulant l'accès via Parcoursup.
Pourquoi cette réforme ?
Le système actuel PASS / LAS / LSPS, mis en place à la rentrée 2020 pour remplacer la PACES, fait l'objet de critiques convergentes depuis plusieurs années. Elles viennent aussi bien des doyens que des fédérations étudiantes, des parlementaires et de la Cour des comptes (rapport de décembre 2024).
Les principaux reproches sont les suivants :
- Une lisibilité insuffisante pour les lycéens et leurs familles : chaque université a appliqué la réforme différemment, avec des règles de passage, des coefficients et des contenus très variables d'un établissement à l'autre.
- De fortes inégalités territoriales : 25 départements français ne disposent d'aucune première année d'accès aux études de santé, ce qui oblige de nombreux étudiants à migrer vers les métropoles.
- Un système jugé trop complexe par ses propres acteurs. Lors de la conférence des doyens d'octobre 2025, la présidente Isabelle Laffont a confirmé publiquement que le dispositif actuel avait atteint ses limites en termes de lisibilité.
C'est dans ce contexte que le gouvernement a lancé, le 20 octobre 2025, une concertation nationale pilotée conjointement par Stéphanie Rist (ministre de la Santé) et Philippe Baptiste (ministre de l'Enseignement supérieur). L'objectif affiché : mettre en place un modèle simplifié, lisible et équitable, « au plus tard à la rentrée 2027 » (source : sante.gouv.fr).
La loi Neuder et la proposition de loi sénatoriale
Adoptée définitivement par le Parlement en juin 2025, la loi Neuder prévoit notamment que les quotas d'admission en médecine soient fixés en fonction des besoins de santé des territoires. Elle s'inscrit dans cette dynamique de transformation, mais ne règle pas à elle seule la question du format de la première année.
Par ailleurs, une proposition de loi validée par la commission des affaires sociales du Sénat prévoit :
- la refonte du système PASS-LAS en une voie unique d'accès aux filières santé, avec une première année de licence comportant majoritairement des enseignements en santé ;
- à titre expérimental, l'admission directe en premier cycle de pharmacie via Parcoursup, pour répondre au problème récurrent de places vacantes dans cette filière.
Ce que cela signifie concrètement pour vous
Vous êtes en terminale en 2025-2026
Vous n'êtes pas concerné par cette réforme. Le système actuel (PASS, LAS, LSPS) s'applique intégralement pour la rentrée 2026. Vos choix Parcoursup, vos modalités d'examen et vos chances de réussite ne changent pas.
Vous êtes en première ou en seconde
La réforme pourrait concerner votre entrée dans le supérieur à la rentrée 2027 ou 2028, selon le calendrier qui sera finalement retenu. Mais rien n'est encore acté : aucun décret n'a été publié, et les arbitrages gouvernementaux sont attendus dans les prochaines semaines.
Dans tous les cas
Les fondamentaux restent les mêmes : la sélection en fin de première année est maintenue, les matières scientifiques (biologie, chimie, physique) constituent toujours le socle de la formation, et la préparation méthodologique reste un facteur clé de réussite : quel que soit le format de la première année.
L'expérimentation « One LAS » à l'UVSQ
L'Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ) teste depuis la rentrée 2026 un modèle baptisé « One LAS », qui préfigure la voie unique envisagée par la réforme. Il s'agit d'une Licence Sciences pour la Santé (LSPS) à dominante santé, avec un parcours unifié. Les retours de cette expérimentation alimenteront les réflexions nationales.
Le CPCM propose une préparation dédiée au parcours One LAS de l'UVSQ.
Ce qu'il faut retenir
- La réforme des études de santé reste d'actualité, mais son calendrier est incertain. La rentrée 2027 est l'échéance officielle ; les doyens la jugent irréaliste en l'état.
- Le système PASS / LAS reste en vigueur pour la rentrée 2026. Aucun changement pour les étudiants actuels.
- La direction est claire : on s'oriente vers une voie unique d'accès aux études de santé, à dominante santé, portée par les facultés de médecine. Ce ne sera pas un retour à la PACES.
- La sélection ne disparaît pas. L'objectif est de la rendre plus lisible et plus équitable, pas de la supprimer.
Le CPCM suit de très près l'évolution de cette réforme et adaptera ses préparations en conséquence. Si vous avez des questions sur votre parcours ou sur l'impact de ces annonces sur votre projet, n'hésitez pas à nous contacter.